2016/05/14

.. Victoria Bretagne... de Emmanuelle Guattari..

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Publié le par Emmanuelle Caminade

 

 

La narratrice de Victoria Bretagne nous livre, comme toujours chez l'auteure, une perception fragmentée de ce passé en portant un regard étonné et décalé, très walsérien, sur son environnement et son entourage, dans des situations et lors d'événements apparemment mineurs dont elle transcende la banalité. Et ses observations vagabondes, ses brefs portraits ébauchés des personnes côtoyées ou simplement croisées, ses notations dispersées soulignant d'infimes détails de leur visage ou de leur silhouette comme de leur gestuelle s'articulent autour de la figure fascinante de Victoria Bretagne, une beauté au profil de Madone, balafrée du front au menton par une mystérieuse cicatrice, qui semble aimanter toute cette jeunesse de Blois se réunissant au Trophime, le café tenu par son père.

 

 

 

 

EXTRAITS :

 

 

p. 31

La nuit c'était le seul moment où ses cicatrices n'étaient plus visibles. Invisibles de loin, peu discernables de près à moins qu'on ne soit sous un lampadaire, où qu'on allume une cigarette. Elle reprenait une place prévue. La silhouette, les cheveux blonds.

p. 35
(...)
Victoria dans le jardin de ses grands-parents a escaladé la serre à laitues et est passée au travers; Non.

Le père de Victoria. Victoria a été fracassée contre un mur. Non. Le père de Victoria a surpris la mère avec un amant et a défiguré l'enfant (qui ne s'en souvient pas). Non.

Mais au fait, où est la mère de Victoria ?

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Victoria Bretagne, Emmanuelle Guattati, Mercure de France, février 2016, 88 p.  

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