2012/09/06

'................Meutes, tiques, larves'


O bonheur, bonheur, j’ai vu naître la vie, j’ai vu le mouvement commencer. Le sang de mes veines bat si fort qu’il va les rompre. J’ai envie de voler, de nager, d’aboyer, de beugler, de hurler. Je voudrais avoir des ailes, une



carapace, une écorce, souffler de la fumée, porter une trompe, tordre mon

corps, me diviser partout, être en tout, m’émaner avec les odeurs, me

développer comme les plantes, couler comme l’eau, vibrer comme le son,

briller comme la lumière, me blottir sur toutes les formes pénétrer chaque

atome, descendre jusqu’au fond de la matière, être la matière !
Flaubert, La tentation de Saint-Antoine

L’animal occupe une fonction de coupure, il polarise les clivages entre humain et non humain, esprit et corps, forme et

matièe , et assure la séparation entre animalité et humanité, mais aussi entre matière et vie. Il sert ainsi de verrou

théorique pour garantir une distinction hiérarchique obsolète entre les règnes humain, animal, végétal et minéral. L’animal

guette ainsi aux frontières de l’anthropologie, machine théorique qui nous permet de dynamiter les conceptions usuelles


d’une domination de l’homme sur les autres animaux, femmes et inférieurs compris.